L’usine du futur, fantasme ou réalité ?

Publié par | 20 mai 2015 | Marché de l'emploi


Macron lance l'industrie du futur

“La nouvelle France industrielle”, c’est ainsi que se nommait le plan de modernisation de l’industrie lancé en 2013 par l’ancien ministre du “redressement productif” Arnaud Montebourg. Aujourd’hui, il n’en reste quasiment que le nom. De ce projet initial, composé de 34 plans, le nouveau ministre de l’économie Emmanuel Macron n’a décidé que de n’en garder 10, en mettant l’accent sur “l’usine du futur”, dernière des 34 mesures de son prédécesseur. Détails des mesures en préparation.

 

Pourquoi ce changement ?

Au-delà de la volonté affichée de simplification du plan, on peut voir derrière ce changement une volonté de la part de l’exécutif de reprendre en main le secteur de l’industrie.

Emmanuel Macron affirme que la France a raté le virage de l’automatisation dans les années 90 (La France compte aujourd’hui 5 fois moins de robots qu’en Allemagne et 2 fois moins qu’en Italie) et que c’est ce coche manqué qui est à l’origine du mauvais état de l’emploi dans l’industrie depuis les années 2000. Il souhaite ainsi ne pas réitérer cette erreur à l’aube de la digitalisation de l’industrie.

En outre, en se focalisant sur “l’usine du futur” en lien en place du “Made in France”, le gouvernement s’affranchi d’un patriotisme de production qui va à l’encontre de l’économie de marché actuelle, tout en donnant la priorité à l’investissement sur le long terme et donc à la modernisation de l’industrie dans son ensemble.

Comment s’appliquera ce changement ?

Concrètement, le coeur de ce plan est l’industrie : l’industrie du futur plus exactement. Celui-ci est basé sur 5 axes :

  • Production plus moderne :
    Accompagnement des industries qui  souhaitent s’adapter aux nouvelles technologies et leurs débouchées (Imprimante 3D, objet connecté, réalité augmentée etc…)
  • Aide à l’investissement :
    Incitation à l’investissement à hauteur de 3.4 milliards d’euros, somme qui viendra s’ajouter aux 1.4 milliards déjà inclus dans le plan d’Arnaud Montebourg. Un diagnostic sera réalisé par des spécialistes au niveau local lors d’audits des entreprises.
  • Formation des employés :
    Le plan comprendra une incitation à la formation afin de préparer aux nouvelles techniques de production les employés actuels.
  • Renforcement de la coopération franco-allemande :
    Le plan est censé pouvoir être compatible avec son homologue allemand, “l’industrie 4.0”
  • Promotion de l’industrie du futur :
    Au moins une quinzaine d’usines vont être sélectionnées afin de servir de “vitrine” aux nouvelles technologies de production “à la française”. L’entreprise Daher à Nantes, qui fabrique des équipements aéronautiques, a été désignée comme la première vitrine de l’industrie du futur.

Autour de ce noyau dur, vont graviter 9 plans, chacun destiné à une des branches de l’industrie française. Ceux-ci s’étalent entre une meilleure gestion du recyclage, un développement de nouveaux modes transports écoresponsables et une modernisation de l’industrie agro-alimentaire.

Ce que ce plan pourrait apporter à l’industrie métallurgique

L’objectif de ce plan est de faire rentrer l’industrie française dans une nouvelle ère. Les récentes évolutions technologiques permettent un développement de la production auparavant inimaginable en dehors des romans de science-fiction. Petit avant goût des technologies applicables à l’industrie métallurgique :

  • Le développement de la conception en 3D :
    Les maîtres modèles vont progressivement tous passer à la 3D en lieu et place de la 2D habituelle. Les différents logiciels vont bientôt requérir une mise à jour progressive vers cette évolution, Solidworks, Autodesk-Inventor ou TopSolid commencent d’ores et déjà à proposer des solutions adaptées aux habitudes des PME mais transformables en 3 dimensions.
  • Le développement du M2M :
    Bientôt, un simple réseau internet wifi permettra aux machines de communiquer entre elles. Le M2M (machine to machine) étant auparavant uniquement réservé aux grands groupes industriels, notamment aux constructeurs automobiles, mais on peut très bien l’imaginer dans un PME d’ici à quelques années. Cette technologie permettrait une anticipation de la maintenance, une surveillance continue de la production et globalement une amélioration de l’ensemble du process.

Ce plan ambitieux pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour l’industrie française, en lui permettant de se développer et de se moderniser.

 

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